La vigueur des bénéfices continue de soutenir les marchés en dépit de la montée des risques géopolitiques, inflationnistes et liés aux taux d’intérêt. En même temps, l’élargissement des occasions, les taux de rendement des obligations intéressants et la domination restreinte des actions renforcent l’importance de la diversification.
Les marchés boursiers sont demeurés résilients malgré les conflits géopolitiques, la hausse des prix du pétrole et l’augmentation des taux de rendement obligataires à l’échelle mondiale. Grâce à des bénéfices supérieurs aux attentes, les pressions exercées sur les valorisations par la hausse des taux de rendement réels ont pu être compensées, ce qui conforte l’idée que les gains boursiers reposent toujours sur les données fondamentales plutôt que sur des excès spéculatifs généralisés.
Parallèlement, des risques s’accumulent en arrière-plan. Les prix du pétrole demeurent un lien important entre la géopolitique, l’inflation et les taux d’intérêt, tandis que la faiblesse des stocks d’énergie limite la capacité de l’économie mondiale à absorber une nouvelle perturbation de l’approvisionnement. Une désescalade au Moyen-Orient pourrait apporter un répit, mais un conflit prolongé pourrait accentuer les pressions sur l’inflation et les taux d’intérêt.
Le contexte de placement à plus long terme demeure favorable. Les dépenses liées à l’IA continuent de soutenir les bénéfices, mais les occasions s’étendent au-delà des plus grandes sociétés technologiques. Les dépenses de défense, le renouvellement des infrastructures, la demande d’électricité, la cybersécurité et la relocalisation des chaînes d’approvisionnement pourraient contribuer à l’élargissement du cycle d’investissement en immobilisations dans les secteurs et les régions.
Les titres à revenu fixe présentent également un intérêt accru en raison de la hausse des taux de rendement. Les placements obligataires permettent de nouveau d’obtenir des revenus appréciables et une volatilité absolue plus faible, bien que la corrélation négative avec les actions puisse être moins marquée que durant les périodes de faible inflation. Il est donc d’autant plus important de comprendre le rôle précis que les obligations sont appelées à jouer au sein d’un portefeuille.
Bien que les principaux indices boursiers demeurent près de niveaux records, les rendements de leurs composantes sont nettement plus inégaux. La concentration des gains dans un nombre restreint de titres, l’évolution des attentes à l’égard des taux d’intérêt et la dispersion croissante des rendements renforcent l’importance de rechercher des sources de rendement plus équilibrées parmi les catégories d’actif, les secteurs, les régions et les styles de placement.
Principaux points à retenir
- Les bénéfices demeurent le fondement de la résilience des marchés. Les valorisations boursières ont diminué sous l’effet de la hausse des taux de rendement réels, mais cette pression a été plus que compensée par des bénéfices supérieurs aux attentes. La croissance des bénéfices ne se limite plus aux plus grandes sociétés technologiques : elle touche aussi les sociétés à petite capitalisation, les marchés émergents et d’autres régions du monde, ce qui renforce le soutien des données fondamentales aux actions.
- Le pétrole fait le lien entre la géopolitique, l’inflation et les taux d’intérêt. La hausse des prix du pétrole contribue aux pressions inflationnistes et à l’augmentation des taux de rendement obligataires, tandis que la diminution des stocks de pétrole et de produits raffinés limite la capacité à absorber de nouvelles perturbations. Bien qu’un conflit prolongé comporte un risque de baisse important, une désescalade pourrait entraîner une diminution des prix du pétrole et des taux de rendement obligataires, ce qui serait favorable tant aux obligations qu’aux actions.
- Le cycle d’investissement en immobilisations s’étend au-delà de l’IA. Les infrastructures d’IA demeurent un important moteur des bénéfices et des dépenses en immobilisations, même si les investisseurs examinent de plus en plus attentivement les coûts de financement, la rentabilité et les signes de monétisation. Parallèlement, l’activité d’investissement s’étend à l’ensemble de l’économie sous l’impulsion de la défense, de la production d’électricité, des infrastructures, de la cybersécurité et du rapatriement des chaînes d’approvisionnement.
- Les obligations sont de nouveau attrayantes, mais leur rôle a changé. Des taux de rendement près de 5 % offrent des revenus importants, un meilleur potentiel de rendement à long terme et une volatilité absolue plus faible. Toutefois, la corrélation entre les obligations et les actions peut demeurer positive lorsque l’inflation est élevée ou volatile, ce qui signifie que la valeur des obligations au sein d’un portefeuille peut provenir davantage des revenus et de la réduction du risque que d’une compensation systématique des baisses des actions.
- Malgré les records des indices, seul un nombre restreint de titres participe à la hausse
du marché. Malgré la vigueur de l’indice S&P 500, environ 60 % des titres qui le composent se négociaient à au moins 20 % sous leurs sommets respectifs. Ce décalage témoigne à la fois d’un risque de concentration et d’occasions potentielles dans des secteurs, des régions et des styles de placement moins coûteux, au-delà des titres qui dominent le marché. - La volonté d’accroître les investissements au Canada pourrait créer des conditions favorables à long terme. L’augmentation des investissements au pays, le développement des infrastructures, la réduction des obstacles au commerce interprovincial et une plus grande diversification des exportations pourraient contribuer à résoudre les problèmes de productivité de longue date du Canada. Les retombées potentielles dépendront de la concrétisation des investissements annoncés, mais le Canada pourrait être bien placé pour en profiter grâce à son exposition aux ressources, aux services financiers et aux secteurs à forte intensité de capital, si cette dynamique se poursuit.
- Mettre l’accent sur ce qui modifie les données fondamentales, et pas seulement sur le sentiment du marché. Les élections, les changements de politique et les événements géopolitiques peuvent entraîner une volatilité importante, mais leur incidence durable dépend souvent de leurs effets sur les bénéfices, l’activité d’investissement, la productivité ou la croissance économique. Pour les conseillères et conseillers, le défi consiste à aider la clientèle à distinguer les événements qui modifient les données fondamentales à long terme de ceux qui influencent surtout le sentiment du marché à court terme.
Ce qu’il faut retenir
Pour les conseillères et conseillers, le défi n’est plus de savoir s’il existe des occasions, mais où elles pourraient se présenter. Compte tenu du nombre restreint de meneurs sur le marché, de l’évolution de la dynamique obligataire et de l’élargissement du cycle d’investissement, une approche diversifiée reposant sur plusieurs sources de rendement pourrait être plus adaptée à un contexte de marché de plus en plus complexe.
Visionnez le webinaire Revue des marchés du troisième trimestre et perspectives pour en savoir plus sur la résilience des bénéfices, le cycle d’investissement en immobilisations et la construction de portefeuille dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés.