Les marchés n’évoluent plus à l’unisson. L’écart entre les titres gagnants et perdants se creuse, si bien que la construction de portefeuille revêt plus d’importance qu’au cours des dernières années.
Les marchés sont demeurés résilients malgré les conflits géopolitiques, un grand choc pétrolier et des taux d’intérêt mondiaux plus élevés. La forte croissance des bénéfices, l’ampleur des dépenses en immobilisations liées à l’IA et la vigueur persistante de l’économie américaine ont contribué au maintien des rendements.
Parallèlement, le contexte de marché évolue. Les meneurs du marché commencent à se diversifier au-delà d’un groupe restreint de sociétés technologiques américaines à très grande capitalisation, et un nombre croissant de secteurs, de régions et de styles de placement participent à la progression. Cette évolution pourrait créer un contexte plus favorable à la diversification et à une prise de décision active.
L’IA demeure un thème majeur sur les marchés, mais les occasions de placement évoluent. Le déploiement de l’IA exige de plus en plus de capitaux et pourrait avoir des retombées au-delà du secteur des puces, notamment dans des domaines comme l’électricité, les infrastructures, le refroidissement, l’industrie, l’immobilier, l’énergie et le financement. À mesure que les besoins en capitaux augmentent et que les valorisations font l’objet d’un examen plus approfondi, les investisseurs semblent accorder de plus en plus d’importance à la capacité d’exécution, à la rentabilité et au rendement du capital investi.
Les taux d’intérêt demeurent un élément important des perspectives. L’inflation est toujours supérieure à la cible, et les marchés envisagent de plus en plus la possibilité que les taux restent élevés plus longtemps. Dans ce contexte, la solidité du bilan, la discipline en matière de valorisation et la capacité à générer des revenus gagnent en importance. Des taux de rendement initiaux plus élevés pourraient aussi renforcer le rôle des obligations comme source de revenus et outil de diversification du portefeuille.
Pour les investisseurs canadiens, le portrait est plus nuancé. Bien que la croissance économique ait été inégale, les actions canadiennes ont été soutenues par des attentes plus favorables à l’égard de secteurs comme l’énergie, les services financiers et l’industrie, ainsi que par l’intensification de l’activité de placement. Plus généralement, la dispersion s’accentue sur les marchés, ce qui accroît l’importance d’une construction de portefeuille réfléchie.
Principaux points à retenir
- Les meneurs du marché se diversifient. Après plusieurs années où la progression des marchés reposait sur un groupe restreint de titres, un nombre croissant de secteurs, de régions et de styles de placement participe désormais à la progression. Cette évolution pourrait créer un contexte plus favorable à la diversification, surtout à mesure que des occasions se présentent au-delà d’un groupe restreint de titres dominants.
- Le thème de l’IA ne se limite plus aux puces et évolue vers un cycle de dépenses en immobilisations. Le thème de l’IA demeure important, mais ses incidences sur les placements sont de plus en plus vastes. L’électricité, les infrastructures, le refroidissement, l’immobilier, l’industrie, l’énergie et le financement pourraient bénéficier indirectement de ces investissements.
- Les bénéfices demeurent un important facteur de soutien des marchés. La forte croissance des bénéfices a contribué à contrebalancer les préoccupations liées au contexte géopolitique, à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt. La vigueur des bénéfices s’observe dans un nombre croissant de secteurs, plutôt que dans le seul secteur des technologies.
- Des taux plus élevés exigent une plus grande rigueur. Comme l’inflation demeure supérieure à la cible et que les taux de rendement réels augmentent, les investisseurs pourraient devoir accorder davantage d’importance à la qualité du bilan, à la discipline en matière de valorisation et à la résilience des revenus.
- Les obligations redeviennent plus pertinentes. Des taux de rendement initiaux plus élevés pourraient renforcer le rôle des obligations dans les portefeuilles, tant comme source de revenus que comme protection potentielle contre la volatilité des actions. Il s’agit d’un changement important par rapport au contexte de faibles taux de rendement des dernières années.
- L’offre et la dispersion pourraient accroître la volatilité. L’arrivée prévue en bourse d’un grand nombre de sociétés technologiques et liées à l’IA pourrait avoir des effets à court terme sur les flux et les indices. Au fil du temps, toutefois, les facteurs fondamentaux, la valorisation et la rentabilité devraient peser davantage, ce qui renforcerait l’importance de la recherche fondamentale, de la discipline en matière de valorisation et d’une prise de décision active.
- Dans un marché plus dispersé, la construction du portefeuille revêt davantage d’importance. Les marchés n’évoluent plus à l’unisson. À mesure que l’écart entre les titres gagnants et perdants se creuse, une diversification judicieuse entre les secteurs, les régions et les catégories d’actif gagne en importance.
Ce qu’il faut retenir
Après des années d’un nombre restreint de meneurs sur le marché, les occasions commencent à se présenter dans un éventail de plus en plus large de secteurs, de régions et de catégories d’actif. Dans un marché plus dispersé, les résultats de placement des investisseurs pourraient dépendre moins de la capacité à trouver le prochain titre dominant que de la construction de portefeuilles résilients et diversifiés.
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