Autrefois de niche, les thèmes du développement durable s’étendent désormais à plusieurs secteurs, aidant les conseillères et conseillers à trouver de réelles occasions pour leur clientèle.
La diversification a toujours été une cible mouvante. Ce qui était considéré comme un portefeuille d’actions bien diversifié il y a 20 ans n’a plus grand-chose à voir avec ce que détiennent les investisseuses et investisseurs aujourd’hui. Pourtant, même si les portefeuilles sont devenus plus complexes, bon nombre des hypothèses qui sous-tendent la diversification sont demeurées largement inchangées.
Pour Tim Prescott, vice-président principal et chef de la Gestion d’actifs à Placements NEI, le changement le plus important réside dans le fait que la diversification elle-même est en train d’être redéfinie. Beaucoup de conseillères et conseillers pensaient autrefois que, si les actifs de leur clientèle étaient répartis entre différents secteurs et régions géographiques, ils étaient suffisamment diversifiés. M. Prescott a passé des années à observer comment la construction du portefeuille s’ajuste lorsque les marchés évoluent, et il soutient que la définition de la diversification ne cesse de changer. « Il fut un temps où la diversification sectorielle et géographique semblait suffisante, dit-il. Maintenant, des placements d’apparence différente peuvent toujours être exposés aux mêmes risques sous-jacents. »
La répartition des actions est encore souvent définie en fonction de la région géographique, du secteur et de la capitalisation boursière. L’exposition aux États-Unis, en particulier, est de plus en plus concentrée, un petit groupe de sociétés à mégacapitalisation représentant une part croissante du rendement de l’indice. Parallèlement, les relations commerciales mondiales sont réévaluées, les chaînes d’approvisionnement s’adaptent et les risques physiques liés au climat et à la raréfaction des ressources deviennent plus visibles dans les activités des entreprises.
Pour les conseillères et conseillers, ces changements ont compliqué la notion de diversification. Le fait de détenir des titres différents ne signifie pas nécessairement que l’on détient différentes sources de risque ou de rendement. Les portefeuilles qui semblent bien diversifiés peuvent néanmoins être influencés par les mêmes pressions économiques, que ce soit en raison de chaînes d’approvisionnement communes, de cycles de dépenses en immobilisations semblables ou d’une exposition à la même incertitude politique.
Dans ce contexte, les investisseuses et investisseurs ont cherché des placements qui sont définis davantage par l’activité sous-jacente que par les désignations sectorielles traditionnelles. La finance durable en tant que catégorie a connu une année 2025 plus controversée. Toutefois, l’attention des investisseuses et investisseurs a continué de se concentrer sur les domaines où les placements pouvaient se reposer sur des activités mesurables, notamment la transition climatique, le renouvellement des infrastructures et les secteurs liés à l’adaptation. Plutôt que de suivre une approche globale sur les facteurs ESG, ils mettent l’accent sur les solutions qui se traduisent par des revenus et des dépenses en immobilisations.
M. Prescott considère qu’il s’agit d’une conversation qui porte sur le portefeuille plutôt que d’une conversation idéologique. « Les gens continuent de penser que l’investissement environnemental est un placement de niche, qui reste marginal, dit-il. Mais les sociétés ont intégré ces considérations à leur mode de fonctionnement. Si vous souhaitez une exposition diversifiée, vous devez aller au-delà des désignations et comprendre ce qui motive réellement les entreprises. »