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4 minute(s) de lecture | mars 15, 2026

Voir au-delà des termes environnementaux dans les placements en actions

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Voir au-delà des termes environnementaux dans les placements en actions

Résumé :

Autrefois de niche, les thèmes du développement durable s’étendent désormais à plusieurs secteurs, aidant les conseillères et conseillers à trouver de réelles occasions pour leur clientèle.

La diversification a toujours été une cible mouvante. Ce qui était considéré comme un portefeuille d’actions bien diversifié il y a 20 ans n’a plus grand-chose à voir avec ce que détiennent les investisseuses et investisseurs aujourd’hui. Pourtant, même si les portefeuilles sont devenus plus complexes, bon nombre des hypothèses qui sous-tendent la diversification sont demeurées largement inchangées.


Pour Tim Prescott, vice-président principal et chef de la Gestion d’actifs à Placements NEI, le changement le plus important réside dans le fait que la diversification elle-même est en train d’être redéfinie. Beaucoup de conseillères et conseillers pensaient autrefois que, si les actifs de leur clientèle étaient répartis entre différents secteurs et régions géographiques, ils étaient suffisamment diversifiés. M. Prescott a passé des années à observer comment la construction du portefeuille s’ajuste lorsque les marchés évoluent, et il soutient que la définition de la diversification ne cesse de changer. « Il fut un temps où la diversification sectorielle et géographique semblait suffisante, dit-il. Maintenant, des placements d’apparence différente peuvent toujours être exposés aux mêmes risques sous-jacents. »

La répartition des actions est encore souvent définie en fonction de la région géographique, du secteur et de la capitalisation boursière. L’exposition aux États-Unis, en particulier, est de plus en plus concentrée, un petit groupe de sociétés à mégacapitalisation représentant une part croissante du rendement de l’indice. Parallèlement, les relations commerciales mondiales sont réévaluées, les chaînes d’approvisionnement s’adaptent et les risques physiques liés au climat et à la raréfaction des ressources deviennent plus visibles dans les activités des entreprises.


Pour les conseillères et conseillers, ces changements ont compliqué la notion de diversification. Le fait de détenir des titres différents ne signifie pas nécessairement que l’on détient différentes sources de risque ou de rendement. Les portefeuilles qui semblent bien diversifiés peuvent néanmoins être influencés par les mêmes pressions économiques, que ce soit en raison de chaînes d’approvisionnement communes, de cycles de dépenses en immobilisations semblables ou d’une exposition à la même incertitude politique.

Dans ce contexte, les investisseuses et investisseurs ont cherché des placements qui sont définis davantage par l’activité sous-jacente que par les désignations sectorielles traditionnelles. La finance durable en tant que catégorie a connu une année 2025 plus controversée. Toutefois, l’attention des investisseuses et investisseurs a continué de se concentrer sur les domaines où les placements pouvaient se reposer sur des activités mesurables, notamment la transition climatique, le renouvellement des infrastructures et les secteurs liés à l’adaptation. Plutôt que de suivre une approche globale sur les facteurs ESG, ils mettent l’accent sur les solutions qui se traduisent par des revenus et des dépenses en immobilisations.


M. Prescott considère qu’il s’agit d’une conversation qui porte sur le portefeuille plutôt que d’une conversation idéologique. « Les gens continuent de penser que l’investissement environnemental est un placement de niche, qui reste marginal, dit-il. Mais les sociétés ont intégré ces considérations à leur mode de fonctionnement. Si vous souhaitez une exposition diversifiée, vous devez aller au-delà des désignations et comprendre ce qui motive réellement les entreprises. »

 

Comment l’investissement environnemental est-il devenu un ensemble d’occasions plus large?

Il y a dix ans, de nombreuses stratégies environnementales reposaient sur l’atténuation et les technologies de transition en phase initiale. L’ensemble des placements possibles était plus restreint, et certains arguments en faveur de ce type de placement reposaient sur ce qui pourrait devenir commercialement viable.

 

Aujourd’hui, la situation s’est élargie et est davantage ancrée dans la demande actuelle. Les marchés environnementaux comprennent l’efficacité, l’eau, le transport, les infrastructures, la circularité et les systèmes numériques qui réduisent les déchets ou améliorent l’utilisation des ressources. Le point commun n’est pas une désignation « verte », mais des revenus liés à la résolution de contraintes qui influencent déjà les décisions des entreprises.« Ce qui a changé, c’est que vous n’investissez plus seulement dans le potentiel, affirme M. Prescott. Vous investissez dans des sociétés qui mettent en œuvre des solutions et qui sont rémunérées pour cela. »


Ce changement explique également pourquoi les fonds thématiques commencent à jouer un rôle différent au sein des portefeuilles. L’idée reçue des placements thématiques est qu’ils font partie d’un petit volet satellite, qu’ils sont détenus à des fins d’optionalité ou de croissance future et qu’ils sont considérés comme potentiellement volatils. Selon M. Prescott, cette approche ne tient pas compte de ce que les stratégies thématiques peuvent accomplir lorsqu’elles s’appuient sur des modèles d’affaires établis. « Au début, les placements thématiques reposaient sur des hypothèses prospectives, dit-il. Aujourd’hui, les occasions sont beaucoup plus vastes. » Il précise également que le terme « thématique » n’est pas nécessairement synonyme de « petite capitalisation » ou « spéculatif ». Les occasions de placement au sein du Fonds leaders en environnement NEI comprennent de grandes sociétés bien connues que beaucoup d’investisseuses et investisseurs ne classeraient pas instinctivement comme présentant des expositions environnementales.


« Vous ne les considéreriez pas comme des sociétés environnementales, affirme M. Prescott. Mais lorsqu’on examine leurs activités, leur fonctionnement et leurs sources de revenus, cela devient plus clair. »


C’est l’une des raisons pour lesquelles l’investissement environnemental est devenu pertinent pour les conseillères et conseillers qui veulent diversifier leurs placements dans les actions américaines et mondiales sans se contenter de simplement remplacer un pari sectoriel par un autre. Les solutions environnementales se manifestent dans tous les secteurs de l’économie, et non pas dans un seul domaine. Elles sont liées à la gestion de l’eau, à la consommation d’énergie, au transport des marchandises, au rendement des bâtiments et à la surveillance des systèmes.

C’est également là que le passage de l’atténuation à l’adaptation prend toute son importance. L’atténuation demeure importante, mais l’adaptation reflète l’augmentation des dépenses consacrées à la résilience et à l’ajustement opérationnel, allant du renforcement des infrastructures physiques à la réduction de la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement. Ces dépenses peuvent soutenir des sources de revenus durables, surtout lorsqu’elles sont liées à la réglementation, aux exigences en matière d’assurance ou aux plans d’investissement à long terme.


M. Prescott souligne à quel point ces considérations sont devenues courantes, même parmi les sociétés qui ne sont généralement pas associées aux questions de développement durable. « Les grandes sociétés ont mis cela en œuvre, affirme-t-il. C’est intégré dans leurs modèles et ce n’est plus un exercice pédagogique. »


Le défi pour les conseillères et conseillers réside dans le fait que l’élargissement de la définition du terme « environnemental » élargit également le besoin de faire preuve de rigueur. Lorsque toutes les sociétés publient un rapport sur le développement durable, il devient plus difficile de distinguer ce qui est significatif de ce qui relève simplement de la communication d’informations.


C’est là que la taxonomie entre en jeu.

 

Pourquoi la taxonomie est-elle devenue un outil de diligence raisonnable?

Il est devenu plus difficile d’évaluer l’investissement environnemental à l’aide de simples désignations. De nombreuses sociétés se considèrent désormais comme étant alignées sur des objectifs de développement durable, mais cela n’indique pas nécessairement aux conseillères et conseillers comment cette exposition se manifeste en matière de revenus, de structure des marges ou de positionnement concurrentiel.


Une taxonomie fournit une structure à ce contexte. Plutôt que de catégoriser les sociétés en fonction d’une classification sectorielle générale, elle les évalue en fonction des produits et services qu’elles vendent et détermine si ces revenus sont liés à des solutions environnementales. Cela devient une façon de séparer les discours de l’exposition économique.


Pour M. Prescott, les taxonomies sont importantes parce qu’elles permettent la reproductibilité. « Une taxonomie vous offre un cadre pour investir avec rigueur, dit-il. Elle aide à vous concentrer sur ce qui est réel dans le modèle d’affaires. »


NEI applique cette structure grâce à son partenariat avec Impax Asset Management, qui a élaboré une taxonomie environnementale qui cartographie l’économie environnementale à travers différents pôles d’activités. L’idée n’est pas seulement de qualifier les sociétés comme étant durables, mais de déterminer comment elles participent à l’économie de l’efficacité des ressources, de la résilience et de la modernisation des infrastructures.

Le Fonds leaders en environnement NEI en est un exemple concret. Le Fonds est conçu à l’aide de la taxonomie environnementale d’Impax et comprend une exigence au niveau des titres selon laquelle les sociétés doivent tirer au moins 20 % de leurs revenus de solutions environnementales. Ce seuil est important, car il oblige à rendre l’exposition mesurable, et non implicite.


Le Fonds utilise une approche de croissance à un prix raisonnable et se concentre sur les sociétés à moyenne et à grande capitalisation, en visant des sociétés de qualité liées à des thèmes environnementaux à long terme. Il est également conçu pour se diversifier entre les pôles, ce qui aide à réduire le risque de devenir un portefeuille axé sur une seule tendance.


M. Prescott perçoit la valeur de ce partenariat du point de vue d’un conseiller. « Cela permet d’élargir l’univers de placement et donne accès aux conseillères et conseillers à des gestionnaires spécialisés dans ce domaine et qui y ont investi dans différentes conditions de marché. »

 

Élaboration d’une exposition différenciée sans réinventer le portefeuille

Comme l’a souligné M. Prescott, la sélection des gestionnaires ne se limite pas à l’historique des rendements. Elle repose sur l’alignement et le processus. « Ces partenariats représentent les deux marques sur le marché, affirme M. Prescott. Il faut s’assurer que les philosophies correspondent. »


Cette attention portée au processus transparaît clairement dans la manière dont NEI se positionne. La société fonctionne selon un modèle de gestionnaire de gestionnaires, sélectionnant des sous-conseillers à l’échelle mondiale en fonction de leur spécialisation par catégorie d’actif et par thème. Pour les conseillères et conseillers, l’argument est le suivant : l’architecture ouverte peut prendre en charge des expositions différenciées sans les obliger à tout construire à l’interne.


« Il ne s’agit pas seulement des produits, précise M. Prescott. Il s’agit du soutien à la construction du portefeuille et de la capacité à réfléchir à plusieurs actifs en tenant compte de ces expositions. »


Une stratégie comme celle du Fonds leaders en environnement NEI peut permettre de diversifier son portefeuille en s’éloignant d’une exposition aux titres pondérés uniquement en fonction de la capitalisation boursière, notamment lorsque ces indices sont dominés par un petit groupe de sociétés. Elle peut également offrir une exposition à la demande liée aux infrastructures et à la résilience, qui peut évoluer différemment au cours d’un cycle par rapport aux segments de croissance plus axés sur la confiance.

En même temps, M. Prescott prend soin de ne pas présenter cette stratégie comme étant distincte des placements traditionnels. Il fait valoir que le marché lui-même a changé et que les portefeuilles doivent refléter cette évolution.


« J’espère que les conseillères et conseillers cesseront de considérer cela comme un placement secondaire, dit-il. Il ne faut pas opposer l’investissement responsable à l’investissement classique. Il s’agit simplement d’investir. »


Cette observation résume l’évolution plus large de la finance durable au cours de la dernière décennie. Au début, l’investissement responsable était souvent axé sur ce que les investisseuses et investisseurs évitaient de détenir. Aujourd’hui, l’attention s’est élargie aux entreprises auxquelles les investisseuses et investisseurs souhaitent activement s’exposer, notamment celles qui résolvent des contraintes déjà prises en compte par l’économie.


« Vous n’êtes plus obligé de penser uniquement à ce que vous ne voulez pas acheter, affirme M. Prescott. Nous continuons à le faire, mais nous sommes plus enthousiastes à l’égard de ce que nous voulons vraiment acheter. »

 

Que cela signifie-t-il pour les conseillères et conseillers qui construisent des portefeuilles aujourd’hui

Les arguments en faveur de l’élargissement de l’exposition aux actions ne reposent pas sur une seule prévision du marché. Cela provient d’un ensemble de changements structurels qui rendent de plus en plus difficile la diversification des portefeuilles afin qu’ils ne se limitent pas qu’aux cadres traditionnels : la concentration au sein des actions américaines, l’évolution des relations commerciales, la refonte de la chaîne d’approvisionnement et la visibilité croissante des risques physiques.


M. Prescott considère que le point à retenir pour les conseillères et conseillers est simple : il faut moins se concentrer sur la désignation et davantage sur l’exposition sous-jacente. « La plupart des sociétés sont désormais plus sensibilisées à ces risques et occasions, affirme-t-il. La question qui se pose aux investisseuses et investisseurs est de savoir s’ils comprennent où réside le véritable intérêt du placement. »


Pour les conseillères et conseillers qui cherchent à diversifier leurs placements en actions américaines et mondiales, cela ne signifie pas que l’investissement environnemental remplace une répartition en actions de base. En effet, lorsqu’ils sont appliqués de façon structurée et rigoureuse en matière de revenus, les thèmes environnementaux peuvent élargir l’éventail d’occasions et offrir une exposition à des entreprises rentables capables de résoudre des problèmes dans l’ensemble de l’économie.

 

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